Avec Fnac.com,le site culturel Passagedulivre.com produit des chroniques littéraires pour mieux choisir vos livres préférés.

 

Les lecteurs de Livres Hebdo sont invités à découvrir sur Passagedulivre.com les plus beaux portraits des auteurs et des traducteurs.

 

Découvrez les interviews décalées des auteurs et des traducteurs.

 

Abonnez vous à la correspondance "Fnac.com et l'actualité des livres", envoyée chaque semaine à plus de 400 000 amoureux des livres. Vous y trouverez notamment les interviews décalées des écrivains et des traducteurs, et de courts extraits de vos livres préférés.

 

Amis éditeurs, une page de ce site a été spécialement conçue pour vous : la foire aux questions.

 

Bonne visite sur Passagedulivre.com !

 

.. Visites aux vivants

Couverture du livre Visites aux vivants

Date de saisie : 00/00/0000
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : L. Teper, Paris, France
Auteur : Cathie Barreau

Prix : 10.50 €
ISBN : 978-2-916010-17-5
GENCOD : 9782916010175 Archiver cette fiche

 
 
4ème de couverture

Une femme écrivain se fait fantôme et rend visite à ses aïeux, Célestine, Alexandre, Clarisse, Octavie, Abel, Baptiste... Auprès d'eux, elle vit leur présent. Forte de leur futur, elle les console.
Comment évoquer autrement que dans le souvenir ceux qui nous ont précédés ? Et comment imaginer que ceux dont nous sommes issus nous ont rêvés ?

Cathie Barreau est née en Vendée en 1957. Elle a exercé plusieurs métiers puis, en 1994, a créé l'Atelier du Manège à la Scène nationale de La Roche-sur-Yon, lieu de lecture et d'écriture. Elle a déjà publié Trois jardins et Journal secret de Natalia Gontcharova (Editions Laurence Teper, 2006).

 
 
Passage choisi

Une fois par mois, on allumait le four du village de la Mônerie. Chacun y faisait cuire son pain. Souvent, selon la saison, on y ajoutait tartes et brioches. A Pâques, Célestine fabriquait pour tous la fouace faite de beurre, de levain, de farine d'ici. Son goût était incomparable, disait-on.

Il y eut aussi fêtes et joies, amours et gourmandises ; sinon comment auraient-ils pu m'enfanter ?
Les pommiers sont en fleurs, la porte reste ouverte, Emmanuel, mon grand-père paternel, revient du travail aux champs, au service du domaine des Bernières. Ce soir, l'air est doux et il aide au transport du bois pour préparer le feu du four à pain qui devra durer deux jours et deux nuits. On ne cause pas beaucoup, on ne rit pas, mais on sent une joie à préparer ensemble, pour chaque famille du hameau, le feu de Pâques. Les femmes sont chez la mère Madeleine à préparer les farines. On laissera lever toute la nuit au grenier, là où il fait bon. Sait-on qu'il existe une autre vie ? Oui, puisque du château l'on connaît la différence : qu'il y fait toujours chaud, que les cuisines sont pleines, et que ces messieurs dames ont les mains blanches et lisses. C'est le père Roger qui offre le verre de vin aux hommes du village venus préparer les cuissons, lui qui possède en propre quelques lopins dont huit rangs de vigne, du bacco et du noha. On est debout, le verre de vin piquant à la main ; on ne se plaint pas ; on parle un peu de la guerre, quinze ans déjà que l'on est revenu ; on ne dit rien de ceux qui sont morts ; la jambe d'Emmanuel lui fait souvent mal, mais de moins en moins se dit-il.
Les enfants rentrent des prés ou de l'école, selon leur âge ; ils sont fourbus et s'assoient dans l'herbe au bord de l'aire à regarder leurs pères et les tas de bois sec qu'il faudra couper en petits rondins.

 
 
Revue de presse

- Le Monde du 23 février 2007
Avant que de naître, déjà en eux nous demeurons. Ils sont non des revenants, mais la promesse inquiète de notre existence. Moins ressuscités par la mémoire qu'ils ne la suscitent, l'instruisent et l'interrogent. C'est pourquoi le livre de Cathie Barreau est si troublant. En de petits tableaux, elle place les chiffres de la destinée, cerne les silhouettes d'une aura. Apparitions. Ainsi jaillit par miracle la lumière d'alors. Un bruit de sabots, l'odeur d'un biscuit, le chant d'une fauvette, le journal illisible, le cheval Coco parti à la guerre, herbe des prés, terres de pluie. Comme au vitrail des églises, dans les enluminures et les images populaires, la représentation a cette force occulte des naïvetés souveraines, en quoi s'illustrent les mystères, mués en légendes : ce qui doit être lu et entendu. Ni agenouillement, compassion ou dévotion, pourtant il passe quelque chose de sacré dans cette célébration discrète. Un élan d'amour pour les êtres, leur dignité humaine.

 
Nous contacter - Informations légales - Vous êtes éditeur ?