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.. 1 bis, rue Abou-Nawas

Couverture du livre 1 bis, rue Abou-Nawas

Date de saisie : 01/06/2007
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Ed. Elyzad, Tunis, Tunisie
Auteur : Olympia Alberti

Prix : 13.90 €
ISBN : 978-9973-58-007-8
GENCOD : 9789973580078 Archiver cette fiche
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4ème de couverture

1 bis, rue Abou-Nawas

Des nouvelles, des histoires, des chroniques, et l'inépuisable générosité du jasmin dans un espace de douceur, de mer, de blanc et de bleu turquoise, qui embrasse La Marsa, Sidi Bou Saïd, Carthage, La Goulette, Tunis, les jardins et des soirs de bonheur, des saveurs et des nostalgies... Ce n'est pas que du souvenir mais de la présence, de la vie, de la lumière, dans une histoire personnelle, ici partagée. Avec gratitude, avec amour. Infiniment.

O.A.

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Passage choisi

Je ne sais pas ce qu'on a fait, mais elle si. Très vite, elle a été là. À nous regarder. Elle ne bougeait pas, elle avait l'air d'avoir froid, les mains dans les poches. L'arbre tenait bon, comme si ses branches s'étaient accrochées au ciel. Très vite, j'ai eu honte, pas qu'elle nous regarde, mais j'avais l'impression de ne pas faire ce qu'elle voulait. D'être maladroit, d'être sale - non, de salir. On a tiré, on a poussé, et puis on a appuyé très fort sur les racines, en les écartant... ça a craqué. Elle a crié. Comme si c'était elle qu'on déchirait. Elle a crié, elle a levé la main - petite, blanche, elle tenait un stylo noir, elle devait l'avoir dans la poche. Ça lui faisait un gros doigt vengeur. Elle en haut du patio, nous en bas au jardin, elle a jeté des mots, enflés de sa grande colère. Elle n'est pas grosse, comment pouvait-elle depuis qu'elle nous observait cacher une si grande émotion ? Elle a crié des choses - je ne comprenais pas tout, mais ce que je pouvais entendre me disait qu'on s'y était mal pris, qu'elle avait raison. J'ai eu honte, comme de la boue collée à nos gestes, pas seulement à nos bottes.
Ses yeux avaient grandi avec les grands mots, elle a remué la main avec le gros stylo noir, comme si elle écrivait notre malédiction sur le ciel, et puis elle s'est essuyé les yeux, avec le dos de l'autre main, comme nous, quand on les a pleines de ciment. Est-ce qu'elle les avait salies à nous jeter des mots à nous, honteux, boueux ? Dans ce moment, elle nous ressemblait pourtant. Sa voix d'un coup est devenue petite, elle s'est retournée, elle est partie. Moi je sais qu'elle n'est pas partie pour partir, mais pour se cacher. Pour cacher qu'elle pleurait. Elle veut bien nous donner ses mots soulevés comme du vent de mer, tout à l'heure, mais ses larmes, elles ne sont qu'à elle. Elle est peut-être musulmane, elle sait cacher, c'est bien. On aurait dû écouter ses mots, ils sont justes. Peut-être ne peut-on pas les comprendre ?

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