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.. 17, rue Dieu

Couverture du livre 17, rue Dieu

Date de saisie : 15/09/2008
Genre : Biographies, mémoires, correspondances...
Editeur : Temps des cerises, Pantin, France
Auteur : Maurice Rajsfus

Prix : 20.00 €
ISBN : 978-2-84109-750-0
GENCOD : 9782841097500 Archiver cette fiche
Commander ce livre sur Fnac.com Sorti le : 15/09/2008

 
 
4ème de couverture

À l'approche de ses quatre-vingts ans, un rejeton d'immigrés juifs polonais tente d'analyser la nature profonde de la terre d'exil choisie par ses parents. C'est une vision sans concession d'un pays où les acquis de la Révolution française et des luttes populaires des XIXe et XXe siècles ont été peu à peu renvoyés aux oubliettes de l'histoire.
En ligne de mire les grandes institutions que sont l'Eglise, l'armée et la police - généralement forces de régression sociale. En fond de décor, une population dont de trop nombreux éléments sont plus xénophobes - et parfois racistes - que chaleureux.
Au fil des pages, il rappelle que son père et sa mère ont disparu, dans un silence coupable, lors de la tourmente raciale au temps de l'occupation allemande et du régime de Vichy. Reste l'espérance d'une société différente. Pourtant, le désappointement est également présent, tant d'années après la Libération, car la promesse d'un monde meilleur s'éloigne dans le même temps que les forces dites de progrès s'avèrent, elles aussi, destructrices de l'espérance qu'elles pouvaient porter. Subsiste, heureusement, l'indispensable colère qui permet de ne rien oublier, tout en posant des jalons pour l'avenir.

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Passage choisi

Prélude

Tu n'habites plus à l'adresse indiquée

Tu ne m'avais jamais écrit. Bien sûr, il est vrai que nous avons été rarement séparés pour de longues périodes. Jusqu'au 16 juillet 1942, en tout cas. Une certitude, je ne possède aucune trace d'un quelconque courrier qui nous aurait été adressé, lorsque nous partions en colonie de vacances, avec ma soeur. C'est plutôt ma mère qui écrivait.
La seule lettre destinée à tes enfants est datée du 27 juillet 1942. C'est un minuscule morceau de papier, glissé par les interstices des lattes de bois d'un wagon de mar­chandises, sur lequel sont écrits, d'une main rendue trem­blante par les chaos du train, ces quelques mots tragiques : «Nous partons vers l'Allemagne», avec l'adresse au dos. Ce haillon de papier mettra plusieurs mois à nous parvenir car le nom de la ville était peu lisible. Finalement, après une longue recherche au rebut des PTT, ce qui pouvait se lire comme Vilou s'était avéré être Vincennes, grâce à des postiers scrupuleux. C'est ainsi que cette sinistre missive est enfin arrivée à destination. Comment oublier le passant qui a ramassé ce message pour le confier à un bureau de poste ? Geste généreux, peut-être même résistant, en tout cas convivial. En un temps où chacun paraissait se désintéresser du sort de l'autre, il était malgré tout possible que des braves gens puissent se manifester - sans qu'un fonctionnaire leur demande, à la vue de ce courrier insolite : «De quoi vous mêlez-vous ?»

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