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Date de saisie : 15/03/2010
Genre : Policiers
Editeur : Rivages, Paris, France
Auteur : James Ellroy
Traducteur : Jean-Paul Gratias
Prix : 24.50 €
ISBN : 9782743620370
GENCOD : 9782743620370
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Sorti le : 06/01/2010
24 février 1964, 7h16 du matin à Los Angeles. Attaque d'un fourgon blindé de la Wells Fargo. Quatre convoyeurs abattus, trois braqueurs morts ; le quatrième a pris la fuite en emportant seize sacs de billets et quatorze mallettes remplies d'émeraudes.
C'est sur ce braquage, disséqué avec une maestria éblouissante, que s'ouvre Underworld USA, dernier volet de la trilogie commencée avec American Tabloid. Le narrateur reste dans l'ombre ; il a "suivi des gens, posé des micros et mis des téléphones sur écoute". Il nous prévient que le livre est fondé sur "des documents publics détournés, des journaux intimes dérobés, la somme de mon expérience personnelle et quarante années d'études approfondies".
Le récit lui-même peut commencer, suite directe d'American Death Trip. Eté 1968 : Martin Luther King et Robert Kennedy ont été les victimes de conspirations meurtrières. La Convention démocrate de Chicago est sabotée par des spécialistes en coups fourrés. Howard Hughes s'est fait escroquer dans le rachat des casinos de Las Vegas par la mafia. Les militants noirs se préparent à l'insurrection dans les quariters sud de Los Angeles, et le FBI, toujours sous la houlette de J. Edgar Hoover, utilise tous les moyens pour les détruire. A la croisée de ces événements, le destin a placé trois hommes : Dwight Holly, l'exécuteur des basses oeuvres de Hoover, Wayne Tedrow, ancien flic et trafiquant d'héroïne, et Don Crutchfield, jeune détective obsédé par les femmes. Dwight, Wayne, Don : leurs vies s'entrechoquent sur la piste de Joan Rosen Klein, la "Déesse rouge", et chacun d'eux paiera "un tribut élevé et cruel à l'Histoire en marche".
En 131 chapitres et cinq parties au titre aussi évocateur que provocateur, ce roman noir et politique reconstruit les années les plus tourmentées de l'Amérique du XXe siècle, avec une largeur de vision et une profondeur stupéfiantes. Underworld USA est la flamboyante conclusion de la trilogie qui a placé James Ellroy au rang des "plus grands écrivains américains d'aujourd'hui", selon le Los Angeles Times Book Review.
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Christine Ferniot - Lire, février 2010
Underworld USA clôt la trilogie de James Ellroy sur l'Amérique des années 1960. "Son" Amérique : explosive et sauvage, peuplée de flics pourris, de conspirateurs, de trafiquants et de poseurs de micros. Mieux qu'un roman historique, voici une grande épopée noire où la femme reste l'avenir de l'homme...
Ellroy adore les vieux rapports de police et les comptes rendus secrets, pour mieux les tourner à sa sauce. Si les grands hommes de l'Amérique l'intéressent, c'est pour les décrire autrement, nus et gras du bide. Mais il leur préfère les infiltrés, les racistes aux propos indécents, les voleurs, les bouffeurs d'amphétamines et de café noir qui se promènent avec des armes plein les poches...
l faut saluer le travail titanesque de Jean-Paul Gratias, parvenant à recomposer le rythme d'Ellroy et sa fantaisie linguistique.
Samuel Blumenfeld - Le Monde du 22 janvier 2010
L'ultime volet de cette trilogie se révèle un authentique exercice de haute voltige où se mêlent personnages réels et imaginaires, où alterne un style elliptique, ramassé, lapidaire, avec un récit d'une étonnante précision. Ellroy fait du parlé - argot américain, emploi récurrent de mots yiddish - une nouvelle écriture qui lui permet de trouver une manière unique de raconter une épopée. Il y a quelque chose de vertigineux à se trouver enchaîné aux 600 pages d'Underworld USA, sans possibilité de lâcher le livre, dans une histoire dont on connaît les contours mais qui résonne pourtant de manière inédite, comme si l'Amérique des années 1960 était une Atlantide dont Ellroy seul détenait le secret...
Underworld USA est le grand roman de l'Amérique souterraine. C'est aussi le livre où Ellroy se met, une fois encore, à nu.
Sabrina Champenois - Libération du 14 janvier 2010
La question est : plus de vingt ans après l'originel Lune sanglante, James Ellroy, autoproclamé maître ès fiction et génie du roman noir, est-il encore à la hauteur de sa réputation et de son ostensible prétention ? Ellroy livre-t-il vraiment une relecture de «L'AMERIQUE», sujet capital, colossal, démesuré, comme la typo l'indique ?...
La réponse est trois fois oui. Depuis quelque temps, on se disait qu'en matière de noirceur et de staccato, les quadras américains Chuck Palahniuk et anglais David Peace avaient fini par rattraper le maître. Avec Underworld USA, on s'aperçoit qu'Ellroy a encore un paquet de cartouches en réserve...
De l'Ellroy pur jus, donc, en conclura l'aficionado. Oui, à cette notable différence près : s'il confirme une vision au bas mot paranoïaque et pessimiste, Underworld USA laisse place à une certaine empathie pour le genre humain. Dans sa dernière partie notamment. Une douceur, voire une compassion se dégagent alors, qu'aucune phrase assassine ni meurtre atroce ne vient torpiller...
Théâtral ? A mort. C'est de toute façon une des grandes forces d'Ellroy, l'ex-damné/ex-raté/ex-petit délinquant/ex-alcoolo-hanté par Geneva la mère rousse assassinée et par l'écriture rescapé : il n'a peur de rien et l'affiche. Qu'en ces temps de trouille généralisée, il conserve ce panache chevillé au corps telle une armure donnerait presque envie de s'incliner.
Bruno Corty - Le Figaro du 14 janvier 2010
Sur près de huit cents pages complexes, frénétiques, Ellroy réussit l'impensable : ne jamais perdre en route le lecteur. Son style à nul autre pareil fait mouche : rythme infernal, phrases courtes, images chocs, restitution jubilatoire des langages argotiques et racistes de l'époque. Ellroy choque, Ellroy dérange quand il fait oeuvre d'historien et se met dans la peau de salauds. On n'imagine pas un romancier français oser la même chose sur la guerre d'Algérie, par exemple. La loi française le permettrait-elle ? On est emporté, bousculé, effrayé par tant de puissance, de noirceur. On ressort essoré de cette lecture-là avec la certitude d'avoir croisé un ovni littéraire concocté par un virtuose du mal et un impitoyable destructeur de la mythologie américaine.
Michel Abescat - Télérama du 13 janvier 2009
Voyeur obsessionnel, ogre littéraire, Ellroy prend son temps, il veut tout montrer, tout dire, tout dévoiler, jusqu'au moindre geste, parfois décomposé à l'extrême, jusqu'au moindre détail, noms de rues, d'hôtels, numéros des chambres, calibres des flingues. Jusqu'à la saturation du regard. Mais il va très vite, bondit d'une action à l'autre, bouscule son récit pied au plancher...
Le plaisir de lecture se mérite, mais quel pied quand tout se met en place et que l'on se sent emporté par le souffle du roman, la fièvre de l'auteur, la folie de son ambition !...
Mais cette densité devient cette fois une qualité majeure, la plume s'est libérée, fluidifiée, portée par l'évidente jubilation d'un écrivain aujourd'hui délivré de son obsession de reconnaissance littéraire. Ellroy tel qu'en lui-même, aussi puissant que fascinant.
Eric Libiot - L'Express du 7 janvier 2010
Le plus grand écrivain vivant de romans noirs livre enfin le dernier acte de sa trilogie américaine. Underworld USA emporte tout. A lire d'urgence...
Une fois le roman fini, le couperet tombe, et le jugement est définitif : Underworld USA est bien au-delà de toutes les espérances. C'est une oeuvre majeure. Folle. Démesurée. Emportée par une fièvre romanesque qui ne guérit jamais. Après lui, le déluge. Et pendant, également...
Underworld USA est un rouleau compresseur auquel rien ne résiste et sûrement pas la tentation de le quitter.
Alexis Brocas - Le Magazine Littéraire, janvier 2010
Comment reconnaît-on un romancier de génie ? À sa capacité à imposer sa vision du monde, même quand celle-ci semble éminemment subjective. Ainsi le maître du polar James Ellroy, qui, dans son dernier livre, Underworld USA, déploie tous ses moyens narratifs et une armée de personnages pour nous rallier à son joyeux credo : l'histoire des États-Unis s'assimile à un vaste roman noir, avec le crime pour moteur principal et la lutte des classes ou des minorités comme outil de propulsion très auxiliaire...
Le lecteur ordinaire, lui, se retrouve dans la peau d'un suspect cuisiné par un policier ellroyen. Matraqué de coups de poing, harcelé de fulgurances narquoises, la tête plongée dans un épais bouillon d'infimes secrets et de gros complots, il ne lui reste d'autre choix que de se ranger au credo de l'auteur : oui, c'est bien là, au fond du caniveau, que se joue le destin des États-Unis. L'histoire est un roman noir. Si cela ne grandit pas ses acteurs, le genre en sort anobli.
Gilles Biassette - La Croix du 6 janvier 2010
Et c'est toujours à coups de massue que James Ellroy met en l'air les statues de l'Amérique. Chez lui, pas d'esthétisme : son job, c'est de prendre le lecteur par le col pour lui mettre le «nez au carreau» et regarder avec lui. Il faut supporter d'être brusqué, d'être chamboulé, d'entrer par effraction et de voir les misérables tas de secrets des grands de l'Amérique et leurs motivations profondes, qui ne le sont pas vraiment : l'argent, les femmes, le pouvoir, encore et toujours...
Il nous fait plonger dans les ghettos de L.A. et dans l'enceinte du FBI, institution paranoïaque, bien loin des images policées des séries télévisées. Ce qui est fascinant, c'est cette extraordinaire complexité dont il rend compte, en créant un univers cohérent où le lecteur - s'il accepte qu'on l'entraîne loin du «politiquement correct» et qu'on le bouscule - a le sentiment que l'auteur a bêché toute l'Amérique pour en remuer la terre, qu'il en a soulevé toutes les pierres pour révéler ses secrets.
- Le Point du 9 décembre 2009
On l'attendait, il arrive. Après American Tabloïd et American Death Trip, James Ellroy livrera en France - le 6 janvier 2010 chez Rivages - le troisième volet de sa trilogie Underworld USA sous le titre... Underworld USA. Considéré comme "l'un des plus grands écrivains d'aujourd'hui" par le Los Angeles Times Book Review, l'auteur du Dahlia noir démontre une nouvelle fois son talent dans ce roman noir et politique très attendu par les adeptes de polars. Le projet de cette trilogie ? Montrer un aspect de la vie politique américaine où mains sales, mensonge et alliances contre nature abondent.