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_ Georges Boris, trente ans d'influence, Blum, De Gaulle et Mendès France

Couverture du livre Georges Boris, trente ans d'influence, Blum, De Gaulle et Mendès France

Date de saisie : 08/07/2010
Genre : Biographies, mémoires, correspondances...
Editeur : Gallimard, Paris, France
Auteur : Jean-Louis Crémieux-Brilhac

Prix : 25.00 € / 163.99 F
ISBN : 978-2-07-012762-7
GENCOD : 9782070127627
Commander ce livre sur Fnac.com Sorti le : 28/01/2010

4ème de couverture

Georges Boris, conseiller de grands aussi dissemblables que furent Léon Blum, de Gaulle puis Mendès France, a eu un rôle déterminant pendant trente ans, de 1930 à 1960, presque exclusivement dans les coulisses de la République.
Si l'historien l'y rencontre à chaque pas, bien peu sont ceux qui s'en souviennent. C'est à faire sortir de l'ombre où s'est volontairement tenue cette figure éminente que s'emploie Jean-Louis Crémieux-Brilhac, avec la précision et le talent qu'on lui connaît depuis Les Français de l'an 40. Observateur de son temps, économiste prémonitoire découvreur de Keynes et contempteur des apôtres du laisser-faire, socialiste devenu le directeur du cabinet de Léon Blum où il eut à subir, comme bien d'autres "juifs d'État", des campagnes infâmes, investi ensuite de la confiance de De Gaulle dans les jours les plus sombres, militant pur et dur de la France Libre et copilote de "l'insurrection nationale" dans une Angleterre base d'appui des résistances européennes, Georges Boris allait être enfin et jusqu'à sa mort l'alter ego de Pierre Mendès France dans sa tentative pour infuser un sang neuf à la Ive République.
À travers le récit de ce parcours politique dont il a été témoin dans la France Libre, Jean-Louis Crémieux-Brilhac raconte ici autrement, de l'intérieur, ces années tumultueuses de l'histoire nationale, jetant une lumière neuve sur nombre de ses aspects connus ou obscurs et qui mériteraient de nourrir la réflexion de nos contemporains.


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Revue de presse

Eric Roussel - Le Figaro du 18 février 2010
À cet homme énigmatique, Jean-Louis Crémieux-Brilhac, qui fut très proche de lui, consacre un livre chaleureux comblant une regrettable lacune. L'histoire que l'on découvre sous sa plume est d'abord celle d'un personnage proustien, à s'y méprendre le double de Charles Swann...
Ami et collaborateur de Léon Blum, Boris aurait pu songer à une carrière politique. Il semble n'y avoir jamais pensé, tant il détestait les feux de la rampe. Il préférait jouer les têtes chercheuses, deviner quelles idées gouverneraient le monde, quels hommes marqueraient leur époque. Ainsi sera-t-il l'un des premiers en France à découvrir Keynes ; ainsi repérera-t-il le jeune député Pierre Mendès France, dont il sera le directeur de cabinet lors du très bref retour au pouvoir de Léon Blum en 1938...
Sa mort prématurée en 1960 a sans doute privé le Général et Mendès d'un précieux intermédiaire.

Marc Riglet - Lire, février 2010
Ceux qu'intéresse en profondeur notre XXe siècle n'ont pas pu ne pas croiser un certain Georges Boris. Les happy few ont peut-être même lu la thèse de science politique qu'à la fin des années 1960 la regrettée Marie-France Toinet lui a consacrée. Il manquait toutefois une étude exhaustive sur cet homme dont le rôle fut aussi discret qu'exceptionnel et la personnalité aussi attachante que réservée...
Jean-Louis Crémieux-Brilhac est ce biographe qui rassemble les deux qualités d'être l'historien que l'on sait de la Résistance et d'avoir été le collaborateur, à Londres, de son personnage...
En nos temps d'obscénités médiatiques, la vie discrète de Georges Boris apparaît moins comme une leçon de morale que comme une leçon d'intelligence et de dignité.

Olivier Wieviorka - Libération du 4 février 2010
Proche, sa vie durant, de Georges Boris, Jean-Louis Crémieux-Brilhac retrace le destin exceptionnel d'un homme dont la retenue ne saurait omettre l'influence. Son empathie ne l'amène cependant pas à dissimuler les faiblesses de cette intelligence supérieure...
Mais Crémieux-Brilhac s'emploie surtout à faire revivre les riches heures de l'histoire nationale, tout en soulignant les obstacles qui se dressèrent pour rénover un socialisme français, prisonnier de ses démons marxistes et incapable de procéder à son Bad-Godesberg. C'est dire que cet ouvrage, tout en résonnant comme un hommage pudique au grand homme, est d'abord et avant tout un excellent livre d'histoire qui pointe les limites de l'ascendant qu'exercent les conseillers de l'ombre, quelle que soit la valeur de leurs thèses.

Thomas Wieder - Le Monde du 29 janvier 2010
A l'origine de ce livre, il y a la volonté de "tirer de l'oubli" un "esprit d'une finesse et d'une lucidité exceptionnelles". Le souci, en somme, de réparer une injustice. "J'ai toujours regretté que de Gaulle, dans ses Mémoires, ait à peine mentionné Boris", confie Jean-Louis Crémieux-Brilhac, dont le livre a pour principal intérêt d'éclairer deux volets passionnants de l'histoire de la France libre...
Le volet médiatique, d'abord. Boris, pendant la guerre, fut l'une des voix de la BBC. A Vichy, on ne manqua d'ailleurs pas de vomir ce "juif russe" dont le bureau était voisin de celui de Maurice Schumann à Carlton Gardens, le QG de la France libre à Londres...
Mais s'il fut l'un des piliers du dispositif de propagande gaulliste, jouant même les premiers rôles à certains moments-clés (c'est lui qui fit lancer sur la BBC, le 4 août 1944, l'ordre de "soulèvement général" en Bretagne), Boris exerça également une influence plus directement politique. Son parcours met en effet en lumière un chapitre fondamental de l'histoire de la France libre...
Proche conseiller de Mendès sous la IVe République, Boris fut sans doute l'un des esprits les plus brillants de cette famille politique qui rénova dans les années 1950 le logiciel théorique de la gauche non communiste en sauvegardant son honneur.

Laurent Lemire - Le Nouvel Observateur du 21 janvier 2010
Jean-Louis Crémieux-Brilhac, figure de la Résistance, raconte l'étonnante vie de celui qui fut le discret conseiller de Blum, de Gaulle et Mendès France. De la République, il n'a fréquenté que les coulisses. Du pouvoir, il n'a goûté que les discussions de cabinet. De lui, on n'a presque jamais rien su, hormis une thèse de sciences politiques publiée à la fin des années 1960. Le tour de force de Jean-Louis Crémieux-Brilhac est d'autant plus admirable: raconter ce personnage de l'ombre dont il fut le collaborateur, l'ami et le témoin. Georges Boris (1888-1960) connut trois passions: Blum, de Gaulle et Mendès France. Et Antoinette Sachs, la dernière femme de sa vie. Il les a suivies avec une fidélité exemplaire, ne se jouant jamais des unes pour servir les autres...
Ces pages vigoureuses écrites par un homme de 93 ans nous font comprendre une autre façon de faire de la politique. La dévotion à une cause ne passe pas que par les médias. Résolu mais pas décideur, Georges Boris était un timide orgueilleux. Il était taillé pour la discrétion comme d'autres le sont pour la popularité. Il a traversé son époque comme un personnage de Proust, une sorte de Charles Swann à l'héroïsme muet; celui que l'on porte en soi plutôt qu'à la boutonnière.

 
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