Amis lecteurs, pour chaque livre présenté sur passagedulivre.com, nous valorisons notamment un court passage de l’ouvrage. Ces extraits, associés aux quatrièmes de couverture, sont repris par le site fnac.com, partenaire de passagedulivre.com. Fnac.com reprend également l’ensemble de nos contenus écrits et audio : mots de l’auteur, revue de presse, entretiens audio, lectures à voix haute (réalisées par la Compagnie Eulalie).
Vous pouvez acheter directement sur Passagedulivre.com les livres de votre choix (en partenariat avec fnac.com)
Amis éditeurs, une page de ce site a été spécialement conçue pour vous, pour répondre à vos questions : la foire aux questions.
Bonne visite sur Passagedulivre.com !
Date de saisie : 05/02/2010
Genre : Philosophie
Editeur : Grasset, Paris, France
Auteur : Jean-Luc Marion
Prix : 22.00 € / 144.31 F
ISBN : 978-2-246-66931-9
GENCOD : 9782246669319
Commander ce livre sur Fnac.com
Sorti le : 13/01/2010
Connaître signifie connaître avec certitude des objets, donc, suivant les sciences : il n'y aurait de certitude qu'affirmative et scientifique. Le reste, ce qui se dit ailleurs, en philosophie ou littérature, n'apporterait aucune certitude. Voilà ce que nous tenons tous, spontanément, pour allant de soi. Ce livre veut le mettre en question.
Car précisément une question, à condition qu'elle ait un sens, peut aboutir à une certitude, pourvu que nous comprenions pourquoi et comment elle doit rester sans réponse. Les questions sans réponse donnent aussi des certitudes, mais des certitudes négatives.
Ainsi ne doit-il pas y avoir de réponse à la question sur la définition de l'homme - car définir l'homme aboutit toujours à en finir avec certains hommes.
Ainsi la question de Dieu survit-elle à tout argument sur l'impossibilité de l'expérience de Dieu, précisément, parce que Dieu, par hypothèse, concerne ce qui nous reste impossible.
Ainsi le don, et ce qui le confirme par redondance, le pardon et le sacrifice, n'admet-il aucune condition de possibilité, précisément parce qu'il transcende l'économie des échanges.
Ainsi l'événement advient sans aucune prévision et contre toute attente, parce qu'il ne pourra jamais devenir l'objet d'une compréhension exhaustive, comme un objet ou un spectacle.
Il se pourrait que ces certitudes négatives, qu'aucune théorie ou expérience à venir ne viendra corriger ou invalider, nous offrent infiniment plus de certitude que toute affirmation.
Jean-Luc Marion est l'auteur d'une oeuvre philosophique importante, traduite dans de nombreux pays. Spécialiste de Descartes et de l'histoire de la philosophie moderne, phénoménologue, il enseigne à l'Université Paris-Sorbonne et à l'Université de Chicago. Il a reçu le Grand prix de philosophie de l'Académie française en 1992, où il a été élu en 2008, et le Karl-Jaspers-Preis à Heidelberg en 2007.
Commander ce livre sur Fnac.com
Robert Maggiori - Libération du 4 février 2010
Titulaire de la chaire de métaphysique à la Sorbonne-Paris-IV, professeur à Chicago et Rome, nouvellement élu à l'Académie française, Jean-Luc Marion est l'un des plus importants philosophes d'aujourd'hui. Si son point de référence est Descartes, il considère qu'après Husserl la phénoménologie est la philosophie même. Aussi, en quête, comme Descartes, de la certitude, part-il, comme Husserl, du «phénomène», de ce qui, dans l'expérience, «se donne» à nous lorsque sont écartés intérêts et préjugés...
L'apport du philosophe a été jusqu'ici de réviser la façon dont Husserl et Heidegger ont interprété le donné. Alors que le premier l'envisageait à partir de la catégorie d'objet, et le second dans l'horizon de l'être, Marion, lui, pense le donné comme un don, soit, pour le dire vite, un acte d'«amour» : la donation produit le donné, s'inscrit en lui, mais ne subsiste pas en elle-même, elle «ne se montre ni ne se fait voir» : c'est pourquoi elle est un vrai don, échappant à la logique de l'échange. Une telle donation est-elle «le propre de Dieu» ? Vient-elle de l'Etre, de la Vie, d'Autrui ? Toute la philosophie de Marion éclaire ces questions, mais on peut schématiser son idée en citant l'exemple du don anonyme dans lequel le donateur n'éprouverait pas même de «contentement de soi».